Air France vs United Airlines : le 7ème ciel ?

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Si pour les uns, prendre l’avion est un véritable cauchemar – sueurs froides, palpitations, crises d’angoisse – pour d’autres, c’est comme prendre le TGV : à peine installés, déjà endormis ! Mais pour la majorité d’entre nous qui ne voyageons pas en Business, la seule chose que l’on demande, c’est finalement d’arriver à bon port. Que ce port soit Paris ou New York…

Rose est hôtesse de l’air depuis 15 ans et vol aujourd’hui sur Air France. Nous l’avons rencontré lors de notre dernier vol pour New York alors que l’avion tardait à s’envoler… Roman est steward depuis 2008 et travaille pour la compagnie américaine United Airlines. Voici leur histoire…

Le jetlag, les allers-retours, les turbulences, les retards, les oublis de passeport… C’est le quotidien de Rose, notre Française ! Cette profession, elle l’a choisi pour voyager et ne pas s’enfermer dans une routine métro-boulot-dodo. Mais finalement, difficile de profiter réellement des destinations vers lesquelles son avion la mène : « Même si je suis déjà allée 150 fois aux États-Unis, nous n’avons généralement que 24 heures sur place ce qui laisse peu de temps pour découvrir autre chose que le quartier de l’hôtel ! » D’autant qu’entre les trajets hôtel-aéroport, le (court) repos et le briefing d’Air France 1h30 avant le vol, les 24 heures s’en trouvent quelque peu grignotées.

Roman est un PNC depuis 2008 – il faut entendre par là « Personnel Naviguant Commercial », soit steward – et travaille pour la compagnie aérienne US United Airlines depuis 5 ans. Ce qu’il aime dans ce job ? Le changement : « Les passagers ne sont évidemment jamais les mêmes, mais l’équipage change aussi beaucoup, ce qui me permet de toujours rester dans une situation de découverte avec de nouveaux visages. » Roman apprécie aussi de ne jamais rentrer dans la routine du quotidien même s’il avoue que certains jours, il préfèrerait pouvoir rentrer chez lui après une journée de travail. « Mais j’aime l’idée que j’accompagne les gens vers le voyage de leur rêve ! »


Nous, on le sait, nous sommes les meilleurs passagers du monde ! On ne râle pas, on ne fait pas de bruit, on n’ose à peine dire que l’appareil pour visionner des films de fonctionne pas, même lorsque l’on a 8 heures de vol à s’enquiller… L’enfer, c’est vraiment les autres ?

Chez Air France, le debrief qui se tient avant chaque vol renseigne le personnel naviguant, entre autre chose, sur les voyageurs et leur nationalité. Ne faisons pas de généralité, mais tout de même : les passagers chinois seraient les plus difficiles car les plus rustres ; les Indiens peu évidents à gérer : très impatients, il leur faut tout, tout de suite. Les Américains seraient adorables, un sourire suffisant simplement à leur bonheur ! Pareil pour les catégories : « C’est en Première Classe que les passagers sont les plus faciles : ils sont très exigeants, mais ils savent se tenir. Dans un avion, on retrouve de tout : c’est une ville en miniature, un vrai microcosme ! »

Pour Roman, les voyageurs les plus sympas sont évidemment ceux qui respectent l’équipage, mais aussi les autres passagers. Il est pourtant facile de ne pas oublier les formules de politesse d’usage, non ? « Les passagers à destination de l’Alaska sont toujours souriants et calmes : rien ne pose problème, ni le retard de l’avion, ni l’écran vidéo qui ne fonctionne pas, ni l’annulation du vol. » A contrario, les passagers qui ne savent pas se prendre en charge et qui pensent être seuls à bord au mépris des 149 autres sont les plus pénibles. « Curieusement, j’ai constaté que ce type de profil est courant sur les vols à destination de la Californie… » A bon entendeur…


Et la vie privée dans tout ça ? Parce que des heures de vol, des journées de repos à l’autre bout du monde, la promiscuité d’une nuit dans un Boeing, les jetlags éreintants, ça ne doit pas tellement aider à la vie de famille… Comment gérer les deux ?

Profiter de sa vie de famille, c’est toute une histoire ! Et beaucoup d’organisation. « J’ai deux filles et un mari qui navigue aussi, alors il faut bien prévoir les plannings à l’avance et prier pour éviter les changements de dernière minute. » Une nounou qui se rend disponible aussi bien la nuit, le week-end que les jours fériés, ça aide aussi ! Pour Rose, chaque journée passée à la maison est dédiée aux enfants, même s’il faut parfois se battre contre la fatigue et le jetlag. « Cela fait 15 ans que je fais ce métier et je ne me suis jamais habituée au décalage horaire. J’ai de plus en plus de mal à dormir dans l’avion, surtout lors des vols de jour. » Un petit cours de Chi Qong pour remettre les énergies en place et c’est reparti !

Pour Roman, son vol préféré reste celui qui le ramène vers son mari : « Partir vers l’inconnu, c’est génial, mais le retour chez soi demeure le plus grand plaisir ! » Surtout après certaines journées où le steward américain enregistre quatre vols au compteur en 24 heures. Après, tout est une question d’organisation et de flexibilité pour réussir à profiter du temps à deux, voir les amis, sortir. « J’ai aussi besoin de solitude. Elle m’est nécessaire après avoir passé plusieurs heures ou jours confiner dans un si petit espace avec 200 autres personnes ! » Quant au jetlag, ce n’est pas un problème pour Roman : « Chacun essaye de trouver sa recette personnelle pour lutter contre la fatigue. J’évite tout médicament : quand je suis fatigué, je dors ! »


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