Concierge parisienne vs Doorman new-yorkais : welcome !

© MG

Le stéréotype de la concierge parisienne est tenace : parle trop fort, n’aime que les ragots, surveille son petit monde derrière son rideau… De son côté, le doorman new-yorkais serait en queue-de-pie et gants blancs, cirant les poignées de portes et les pompes de ses « habitants ». Les caricatures ont la vie longue, mais notre duo peut faire changer les mentalités !

Fatima est gardienne depuis des années dans un immeuble cossu du XVe arrondissement de Paris. José est new-yorkais et doorman, en horaires de nuit, dans un petit building du Flatiron district. Voici leur histoire…

Fatima, Parisienne depuis plus de 20 ans, est née au Portugal et a passé toute son enfance dans la région de Porto. Elle ne connaissait la France que grâce à quelques jours de vacances passés avec sa tante. « Le pays m’a plu et j’ai décidé de venir m’y installer, m’y marier et d’y avoir mes enfants. »
Parlant fort, vite et ponctuant chaque fin de phrase par une tape sur le bras, Fatima semble presque plus Marseillaise que Parisienne ! Mais c’est sans compter sur son accent portugais toujours bien présent. Car si Fatima vit depuis plus de 10 ans dans le même immeuble du 15e arrondissement, son cœur, lui, est resté au Portugal où elle retourne tous les ans voir sa famille et y passer des vacances au soleil. Car il y a une chose à laquelle elle n’a pas réussi à s’habituer : la pluie et le froid de Paris en hiver !

Le New-Yorkais José est New-Yorkais. Sa famille est d’origine Portoricaine et s’est installée dans le Bronx quand il n’avait que deux ans. Ses parents ont quitté leur pays et la modeste situation qu’ils avaient là-bas pour une vie meilleure et offrir un plus bel avenir à leurs enfants. José avoue qu’il n’a aucun souvenir de Porto Rico qu’il a quitté trop tôt.
Pour José, toute sa vie est aux Etats-Unis, entre Manhattan et le Bronx, là où il travaille et là où il vit. Et il aime son pays et le défend avec ardeur contre tous ceux qui oseraient s’en prendre à l’Oncle Sam : « Je trouve incroyable toutes les cultures qui se croisent à New York. Il y a des gens des quatre coins du monde, c’est très enrichissant. La façon dont chacun parle, s’habille, pense, agit… Tout le monde est différent et je crois qu’on ne peut trouver ça qu’à New York ! »

S’il y a aujourd’hui de moins en moins de concierges à Paris, le doorman new-yorkais semble, lui, avoir encore de beaux jours devant lui. Et pourtant, le métier ne semble pas très différent d’un côté et de l’autre de l’Atlantique…

Fatima est gardienne depuis son arrivée à Paris, il y a 20 ans. Pourquoi gardienne ? Tout simplement parce qu’elle confesse adorer parler avec les gens ! Fatima se rend toujours disponible : même si les habitants de l’immeuble viennent sonner à 3 heures du matin, elle ouvre sa porte et essaye de les aider. Elle admet que tous les gardiens ne font pas ça, que certains ont des horaires stricts de 8h à 18h et que leur porte reste ensuite fermée. Chacun sa façon de travailler !
Pour Fatima, être une bonne gardienne, c’est savoir écouter, aider, être toujours présente. Les gens de l’immeuble, c’est un peu comme sa famille : ils organisent un petit Noël ensemble pour décorer le sapin, les mariages sont fêtés, tout comme les naissances, les anniversaires… Pour sa petite communauté de l’immeuble parisien, Fatima se situe un peu entre la psy et une seconde maman !

José est doorman depuis plus de 15 ans. Il a commencé par porter les bagages de riches clients d’un hôtel luxueux de Manhattan, puis est rapidement devenu doorman – comme son père avant lui – , très fier de son costume et de sa cravate. « Heureusement, je n’avais ni chapeau ni gants blancs ! » Puis il a changé pour un poste dans un building privé de Gramercy pour pouvoir profiter davantage de son fils.
Aujourd’hui, José travaille de nuit, de 18 heures à 2 heures du matin toute la semaine. Mis à part le froid qu’il n’arrive pas à vaincre, il adore son métier : « J’aime voir les gens quand ils rentrent le soir du travail, d’un dîner ou d’une soirée. La plupart prennent le temps de me parler de leur job, de leur vie, de la vie en général, c’est très intéressant. » De quoi mettre en pratique le sourire, la politesse et l’écoute, les trois qualités nécessaires pour être un bon doorman selon José.

Ok, pour être un bon concierge ou doorman, il faut être empathique et serviable… Mais ça ne suffit pas. En tout cas, pour Fatima et José. L’une ajoute l’énergie comme une qualité nécessaire pour exercer ce métier et l’autre… le calme !

Fatima aime danser, rire et faire la fête. Une vraie boule d’énergie ! Ce n’est pas pour rien que son meilleur souvenir dans cet immeuble reste les 30 ans de l’une des locataires où la fête a duré jusqu’à tard dans la nuit. Et pas question ce soir-là de venir râler pour le bruit !
Toujours de bonne humeur et souriante, Fatima confie ne pas supporter les ragots. « Fati » (pour les intimes) explique être toujours disponible pour écouter, pour aider, mais elle garde les histoires qu’elle entend pour elle. Et gare à ceux qui ne respectent pas son travail : venir tout salir avec des baskets sales ou un sac poubelle qui fuit alors que le nettoyage vient d’être fait, ça la met en rogne. Et comme Fatima avoue être très rancunière, elle n’ouvrira peut-être pas sa porte à 3 heures du matin à celui qui a sali la cage d’escalier !

Pendant la journée, José a longtemps entrainé une équipe junior de baseball. Mais aujourd’hui, il a arrêté les entraînements et le travail le week-end pour avoir le temps de s’occuper de son fils de 18 ans : « J’essaie de lui apprendre à être un homme, à être quelqu’un de bien et à aller dans la bonne direction. » Mais aussi à rester en bonne santé : « Même si tu as beaucoup d’argent, si tu n’es pas en bonne santé, tu ne pourras pas être heureux. » José sait aussi rester calme et zen en toute circonstance, même lorsqu’une grande star américaine pousse les portes du bar près de l’immeuble où il travaille. Ce n’est arrivé qu’une seule fois, mais José a discuté avec lui pendant deux bonnes heures, comme s’il était l’un des locataires de « son » immeuble !

 

Et vous avez découvert notre duo de fleuristes ? On pourrait penser que le métier est le même que l’on soit à Paris ou à New York, mais loin de là… Voyez par vous même !

 

 

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