Flower power : Parisien vs New Yorker

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On pourrait penser que le métier de fleuriste est le même, que l’on soit à Paris, Hong Kong, Sydney ou New-York. Que des fleurs restent des fleurs, quelque que soit le pays où l’on vit. Que nenni…  Un fleuriste à Paris et son homologue new-yorkais nous prouvent le contraire : si la passion des fleurs est la même, leur quotidien, lui, est bien différent.

François Défossé est fleuriste dans le XVe arrondissement de Paris, à deux pas du Champs de Mars. Connie Plaissay a ouvert sa boutique de fleurs dans le quartier cosy de l’Upper East Side, à Manhattan. Voici leur histoire…

François, le Parisien, est arrivé dans le monde des fleurs un peu par hasard. Petit, il ne savait pas très bien quoi faire, mais une chose était certaine : « l’école, ce n’était vraiment pas mon truc. Ce qui me plaisait, c’était la nature », peut-être parce que ça lui rappelait ses vacances à Belle-Ile. Pas facile pour le petit Parisien qu’il était de choisir un métier extérieur, « à l’air libre », tout en restant à Paris. Alors l’horticulture, pourquoi pas !
Après un apprentissage des bases académiques et un passage dans quelques bonnes maisons, François se lance à son compte. Cela fait 10 ans qu’il a ouvert sa boutique et emploie aujourd’hui quatre employées. Entre les commandes pour les restaurants, les événements et les arrangements en magasin, le travail ne manque pas.

Les fleurs, à l’instar d’Obélix, le new-yorkais Connie est tombé dedans lorsqu’il était petit ! Ses parents et ses grands-parents avaient déjà des boutiques de fleurs : « Le business est dans ma famille depuis 1925 ! J’aurais pu aussi travailler dans l’automobile, l’autre « spécialité » familiale », mais Connie s’est vite senti plus attiré par l’art floral.
Pas d’école ni de formation pour ce petit gars du Queens, il a appris sur le tas en venant aider son père dans son magasin le week-end et après l’école. Connie est aujourd’hui fleuriste depuis 25 ans et propriétaire de sa boutique de l’Upper East Side depuis 20 ans, une boutique dont il a choisi l’emplacement parce que son grand-père travaillait déjà dans le quartier. Les traditions ont la vie dure !

Être à Paris ou de l’autre côté de l’Atlantique, à Manhattan, ça change quoi dans le quotidien pour un fleuriste ? Le ravitaillement, le stock, l’achat, la demande du client… Le métier est-il le même ?

Les réveils à 3 heures du matin, François connaît : plusieurs fois par semaine, il part remplir son panier à Rungis. Comme il a choisit de ne pas avoir de stocks, les voyages vers ce gigantesque marché aux fleurs sont nombreux, notamment lors de certaines périodes : Noël, fête des Mères mais aussi pour les communions, baptêmes, mariages du mois de juin.
Même s’il faut une certaine habitude pour apprécier la qualité des marchandises (et le prix demandé), pas question de perdre du temps : la journée de travail ne se termine qu’à 21 heures ! Sauf demande particulière, François achète beaucoup au coup de cœur, à l’inspiration, tout en essayant de rester dans des fleurs de saison. Difficile pour lui de résister au charme de la pivoine, sa fleur préférée avec le pois de senteur. Et il est rare qu’il ne revienne pas avec des hortensias : « Je dois être le seul fleuriste de Paris à avoir des hortensias toute l’année ! »

Du Queens, Connie met 20 minutes pour venir ouvrir sa boutique à 8 heures, six matins par semaine. Pas besoin d’arriver plus tôt, la marchandise est directement livrée à la boutique tous les matins !
Une fois la commande passée aux différents fournisseurs français, hollandais, italiens, les fleurs arrivent toutes dans des boîtes à la porte de son magasin, certaines réfrigérées, d’autres pas. Il n’y a plus qu’à les installer avant l’arrivée des premières clientes, pour la plupart des femmes au foyer du quartier qui achètent des fleurs pour chez elles : « Contrairement à la France, on n’apporte pas de fleurs lorsque l’on est invité à dîner. Les gens achètent donc la plupart du temps pour leur propre plaisir, ou pour offrir à la Saint Valentin ou pour la fête des Mères. » Certaines fleurs sont immédiatement placées dans des réfrigérateurs afin de les conserver le plus longtemps possible.

Si être fleuriste à Paris n’est pas la même chose qu’être fleuriste à New-York, il y a tout de même un point sur lequel s’accorder : la passion des fleurs, l’envie de faire du beau et de faire plaisir

Ce que François aime le plus dans ce métier ? Pouvoir laisser parler sa créativité : « On ne fait jamais deux fois le même bouquet ! C’est ça que j’aime. » Chaque jour – et parfois même chaque heure – apporte son lot de nouveautés : un centre de table pour des fiançailles au restaurant du Musée du quai Branly, un décor pour une entreprise de la Défense, un buffet pour une bar mitzvah sur une péniche, une prestation pour Roland Garros, sans compter les demandes quotidiennes des clientes du quartier. Avec à chaque fois le même objectif : embellir les lieux.
Et parfois la créativité est mise à mal : François avoue devoir de temps à temps travailler sur des réalisations qui ne lui plaisent pas. « On fait des choses tellement plus jolies pour les gens qui nous font confiance plutôt que pour ceux qui essaient de nous brider. » Qui a dit que la création florale n’est pas un art ?

A New-York, les principaux rivaux de Connie sont… les supermarchés. Ce passionné regrette que beaucoup d’Américains achètent leurs fleurs au même endroit que là où ils font le plein de leur caddie. « Elles sont moins chères, c’est certain, mais la qualité est différente et le résultat sans aucune originalité. » Or ce fleuriste de père en fils apprécie les belles choses : lorsqu’il n’est pas dans sa boutique, il travaille le bois pour concevoir des meubles, des boîtes, des supports pour sublimer ses fleurs.
C’est ce qu’il aime dans son métier : passer sa journée à créer des petits bouquets « à la française », souvent avec du lilas, des créations rondes, compactes et élégantes dont il a fait sa spécialité. Et sa renommé ! Un de ses clients n’a d’ailleurs pas hésité à débourser près de 1500 dollars pour se faire livrer à plus de 1000 kilomètres de New York.

Voici des Fleurs, 26 rue du Laos, 75015 Paris – 01 43 06 06 05
Plaza Flowers, 944 Lexington avenue, 10021 New York – 212 472 7565

 

1 Trackbacks & Pingbacks

  1. Concierge parisienne vs Doorman new-yorkais : welcome !

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