Majeur et vacciné !

© MG / Pinterest

Si pour les uns, devenir majeur est lourd de sens, pour les autres ce n’est que l’occasion d’organiser une grande fête comme un rite de passage obligé. Devenir majeur signifie-t-il devenir adulte ? Simone de Beauvoir disait qu’un adulte était juste un enfant gonflé d’âge…

Séverin, juste 18 ans depuis quelques semaines, est un tout jeune adulte Parisien qui traverse la Manche pour étudier. Ben, 21 ans révolu, vit et étudie à New York, la ville de l’indépendance. Se sentent-ils plus adulte qu’il y a un an ? Voici leur histoire…

A quoi reconnait-on que l’on est adulte ? Comment devient-on adulte ? Suffit-il d’être majeur et mature pour être un adulte responsable et responsabilisé ? 

Séverin est tout juste majeur… Avec un frère et deux sœurs plus âgés que lui, il a vite compris que ce n’est pas ce fameux passage aux 18 ans qui fera de lui autre chose que le bébé de la famille ! Si aujourd’hui Séverin se sent plus adulte, plus mûr, c’est surtout lié à son départ du cocon familial pour l’université. Loin des siens et de Paris, c’est en s’occupant de lui-même, en gérant son quotidien (lavage, repassage, cuisine !), en ayant des responsabilités qu’il a acquis une indépendance propre à la sortie de l’enfance. « La sensation de la majorité est surtout venue lorsque tu apprends à ne dépendre que de toi-même. »

Pour Ben, originaire de Brooklyn, il n’y a pas qu’une seule majorité et donc pas vraiment de symbolisme lié au passage des 21 ans : « À 16 ans, tu as le droit de conduire, à 18 ans de voter, de t’engager dans l’armée, à 21 ans de boire ! L’étape la plus importante, c’est quand tu commences l’université, à 18 ans, parce que tu es souvent obligé de quitter ta famille. » Très indépendant depuis tout petit, Ben n’a pour sa part pas vraiment ressenti de différence, que ce soit lors de ses 18 ans ou de ses 21 ans. « C’est davantage un état d’esprit : se sentir adulte ou pas. Le reste, ce ne sont que des considérations pénales ou judiciaires. »

Alors, cette fameuse majorité, grande fête ou petit comité ? Devenir majeur, c’est l’occasion d’une grande célébration ou plutôt finalement un jour comme les autres ?

En France, même si la majorité n’a plus de grande signification dans le quotidien de ces jeunes, il reste une chose immuable : la célébration ! Et si possible surprise. Et Séverin n’a pas échappé à la règle : après avoir passé la journée dans le train, il s’attendait à un dîner tranquille en famille au restaurant, mais c’est en réalité une vingtaine d’amis qui s’y tenait pour fêter ses 18 ans ! Et la surprise ne s’est pas arrêtée là : « Ma grand-mère m’a offert le portefeuille de mon grand-père décédé il y a 2 ans. C’est un cadeau symbolique qui très important pour moi. »

Ben n’a pas eu de grande fête pour ses 21 ans. « Je crois que c’est surtout un truc de filles : l’organisation de la fête, le choix de la robe, de la déco, de la musique… Je n’ai pas d’amis qui ont organisé de soirée, mais par contre on a été invité à beaucoup d’anniversaire de copines ! » Même s’il n’y a pas eu de grande célébration, Ben ajoute que ses parents ont malgré tout voulu marqué le coup : à 16 ans, ils lui ont offert une voiture. « Mon école était loin de chez moi et je pense qu’ils en avaient ras-le-bol de faire le trajet quotidiennement ! »

Avec Séverin et Ben, on comprend vite qu’être adulte ou être enfant n’est pas une question d’âge, mais plutôt une question d’attitude, d’envies, de projets d’avenir.

Ce n’est pas parce que Séverin n’a que 18 ans qu’il devrait tergiverser sur sa vie future. Au contraire, il sait très bien ce qu’il veut faire après ses études en neurosciences et n’a pas tellement de souci pour se projeter dans l’avenir : « Dans 10 ans, je me verrai bien diriger un laboratoire, être indépendant pour pouvoir investir dans les recherches qui m’intéressent comme la prévention de la maladie de Parkinson. J’espère aussi être marié, avoir un enfant et le second en route ! » Un plan de carrière déjà tracé et de grandes ambitions pour quelqu’un qui ne sent adulte que depuis quelques mois.

Ben fini ses études d’ingénieur et hésite entre chercher un travail ou continuer une nouvelle formation. « J’ai 22 ans, j’ai encore le temps pour me lancer sur le marché du travail. Mais d’un autre côté, l’université coûte tellement cher ici qu’il faut être certain de son choix et ne pas juste décider de continuer à étudier pour éviter de devenir adulte. » Difficile dans ce cas-là de s’imaginer à 30 ans. Pour Ben, il existe tellement de possibilités à New York qu’il ne peut pas et ne veut pas savoir ce que l’avenir lui réserve !

 

 

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*