Une Américaine à Paris vs une Française à New York… Et vice-versa !

© EP / MG

Que pense l’Américaine, la vraie, de notre Ville Lumière ? Pas celle qui vient y passer 4 jours, pas celle qui ne voit que la Tour Eiffel et Ladurée, mais celle qui est installée à Paris, celle qui a épousé la France comme pays d’adoption ? Et notre Parisienne, comment elle trouve ce New York qui nous fait tant rêver, nous touristes français ?

Esther est Américaine, mais vit en France depuis plus de 10 ans : elle a épousé Paris lorsqu’elle a dit oui à son Français de mari. Quitterie est installée à New York depuis presque 5 ans où elle a fondé une famille, loin de son pays natal. Elles nous racontent leur histoire…

Installée en France depuis plus de 10 ans, Esther est une Américaine de l’État de New York qui est tombée amoureuse de Paris la toute première fois où elle y a mis les pieds : lors d’un échange culturel au lycée. Elle y est ensuite revenue pour faire un Master et c’est de celui qui deviendra son mari qu’elle est alors tombée amoureuse ! Depuis, elle n’a plus quitté la France : « Je me sens à la fois Parisienne et New Yorkaise, même si je sais que je n’ai pas le chic à la Parisienne dont tout le monde parle ! Parfois, j’ai aussi l’impression que je n’appartiens vraiment plus à aucun des deux pays. »

Quitterie est une Française qui est installée à New York depuis quelques années, dans le quartier très fashion de SoHo, puis à Brooklyn pour s’éloigner un peu de la foule. Elle a lâché son job à Paris, quitté l’appartement acheté quelques mois plus tôt et traversé l’Atlantique pour retrouver son mari envoyé par sa société française. Expatriée pour 6 mois ou 3 ans, elle ne savait pas encore ce que l’avenir leur réservait. « On se sent très bien à New York, on a pris nos marques, mais je ne pense pas que l’on fera notre vie ici. Tout y est beaucoup trop cher, c’est compliqué d’élever un enfant ici. »

Loin de leur famille, de leurs amis, dans une ville qui les faisait rêver de loin, qu’est-ce qui les a les plus étonnées en arrivant à Paris pour l’une et à NY pour l’autre ? Ont-elles été surprises ? Étonnées ?

Il y a une habitude très parisienne qui a vraiment surpris Esther en arrivant à Paris : se faire siffler dans la rue. « C’est très gênant… Tu marches tranquillement et des étrangers viennent te parler comme s’ils te connaissent ou te sifflent comme un chien. Mais ça ne m’arrive plus tellement aujourd’hui. Soit parce que j’ai vieilli, soit parce que les hommes sont devenus plus élégants. Mais je penche plutôt pour la première raison ! »

Pour Quitterie, le choc des cultures a plutôt eu lieu au supermarché ! Pas évident pour la Parisienne de dénicher une bonne baguette de pain, du beurre demi-sel, des cubes de bouillon aromatisés, des cornichons qui n’aient pas la taille d’un concombre… « J’ai perdu un temps fou à essayer de trouver des correspondances américaines à mes habitudes françaises jusqu’à ce que je me dise qu’il fallait que je me crée de nouvelles habitudes. »

Passés les premières mois de découverte, de nouveautés, d’excitation, passées les premières années d’installation en famille, qu’est-ce qui les séduit encore dans leur nouveaux pays d’adoption ? A quoi n’arrivent-elles toujours pas à s’habituer malgré l’habitude et les années ?

« Ce que j’aime le plus à Paris ? Paris by night ! Et notamment le moment où toutes les lumières s’allument en même temps, comme au Louvre. C’est magique. » C’est d’ailleurs de nuit qu’Esther a découvert Paris, en s’échappant de l’auberge de jeunesse où sa classe passait la semaine pour parcourir à pieds le 1er arrondissement avec deux copines. Mais son quartier de prédilection aujourd’hui, c’est le 5e, là où elle s’était installée lors de ses premières années en France. Un vrai Paris de carte postale. « Je suis très nostalgique de ce temps-là : je pouvais voir la cathédrale Notre-Dame de la fenêtre de mon appartement et circuler en vélo ! » Mais s’il y a une chose à laquelle Esther ne s’est pas habituée et ce même avec les années, c’est cette odeur d’urine qui persiste dans certaines rues de la capitale : « Je ne comprends pas, les Américains ne font pas pipi partout ! Comment c’est possible d’avoir cette odeur dans des rues entières ? » Il y a aussi les trottoirs pleins de crottes de chien, mais Esther salue le gros effort des Français en ce domaine depuis quelques années !

Le dynamisme new-yorkais, c’est ce que Quitterie apprécie le plus à New York. « Il y a une telle énergie. On a l’impression qu’ici, tout est possible ! D’ailleurs, alors qu’on est ensemble depuis des années, on a décidé de se marier à mon arrivée à New York, avec juste un témoin. Mes parents nous en veulent encore. Mais comme quoi, tout peut arriver ! » Ses quartiers préférés ? L’East Village et le Lower East Side qui pullulent de restaurants et de bars. « Sûrement parce qu’ils sont plus authentiques que là où l’on vivait. SoHo est envahi de monde le week-end avec beaucoup de Français, le comble ! » Brooklyn est plus calme, même certains quartiers comment à ressembler à SoHo… Ce qui énerve toujours Quitterie ? Le bruit de New York. Pas les sirènes de pompiers ou de la police comme on pourrait le croire et qui, pourtant, peuvent vraiment être pénibles, surtout en pleine nuit. Non, il s’agit plutôt le niveau de décibels l’Américaine : « Elles crient tout le temps ! Amaaaaazing ! Cuuuute ! Au restaurant ou dans les bars, parfois, on ne s’entend plus…  Aucun respect pour les personnes à côté.»

Aujourd’hui elles ne savent pas si ou quand elles rentreront « chez elles »… Même si elles se sentent très bien dans leur vie, dans cette ville, elles restent nostalgiques de leur vie d’avant, mais pas forcément pour les raisons que l’on imagine !

« Ce qui me manque le plus à Paris ? Les restaurants mexicains de New York ! J’aime beaucoup cuisiner et j’organise souvent mes balades en fonction de l’endroit où l’on va déjeuner… Le choix est vraiment moins varié en France. Surtout les dimanches quand tout est fermé ! » Esther ajoute que souvent, ce n’est qu’en rentrant chez ses parents aux États-Unis qu’elle se rend compte que le quotidien est simplement plus facile là-bas. « Oh, et ma famille et mes amis me manquent aussi beaucoup, bien sûr ! »

« Ce sont mes amis qui me manquent le plus. Passé 30 ans, ça devient plus compliqué de se créer un nouveau cercle d’amis, d’autant plus lorsque l’on ne vient pas du même pays ! » Alors bien sûr, Quitterie parle avec ses amis et sa famille régulièrement sur Skype, mais leur absence se sent au quotidien « L’appartement que l’on venait d’acheter me manque aussi beaucoup. On avait passé du temps à le refaire et on n’y est pas resté très longtemps une fois les pots de peinture fermés. Maintenant, ce sont d’autres personnes qui en profitent. »

 

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